
Quand on a une petite vingtaine d'années et qu'on ne peut plus se retenir, on n'en parle pas. Suite à mon abcès anal, j'avais des fuites. Je n'arrivais plus à maitriser mes selles. Bref, il m'arrivait fréquemment de me faire dessus. Quelle honte ! Et pourtant, je ne pouvais rien y faire. Je n'en ai parlé à personne car il n'y avait pas de quoi en être fier. Pour moi, j'étais simplement devenue incontinente à la suite de l'intervention chirurgicale qui aurait endommagé mon sphincter.
Un jour ou l'autre, l'incontinence touche les individus, mais cela arrive surtout quand on atteint un certain âge et, généralement, c'est d'abord urinaire. Etre incontinent lorsqu'on est encore toute jeune femme, c'est déjà ne plus être femme.
En couple, sexuellement, j'étais devenue très réticente car je ne supportais plus mon corps que je ne maîtrisais plus et que je ne reconnaissais pas. Difficile de se donner quand on ne s'aime plus ! Pourtant, je devais me faire une résolution. J'étais incontinente et je devais faire avec tous les soucis que cela peut engendrer.
Aujourd'hui, je sais que je ne le suis pas. C'est au bout de plusieurs années de silence que j'ai compris que mon "incontinence" n'était en fait qu'une conséquence de ma maladie de Crohn. Les selles sont tellement liquides qu'elles ne sont plus maitrisables. Rien à voir avec un sphincter inefficace ! Une sage-femme avec qui je fesais de la rééducation périnéale, suite à mon accouchement, me l'a confirmé. Même si dans les faits, ça ne change rien, ça fait un bien fou au moral. Je n'étais pas responsable. Le fait que j'ai laissé grossir mon abcès anal avant de consulter n'a pas engendré de conséquences sur le fait de pouvoir me retenir ou pas. La seule séquelle visible (à certains privilégiés, tels mon mari, lol) est que j'ai un trou du cul de travers, comme je dis. On ne peut pas le confondre avec celui d'un autre, mais il demande davantage d'entretien. Lol. Il faut aussi récurer les coins et les raccoins.
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