
Comme je ne vais pas toujours très bien dans ma tête, je me fais suivre depuis plusieures années par une infirmière psychiatrique qui m'aide à me relaxer et, surtout, à faire un retour en arrière sur mon passé. Aujourd'hui, la séance a duré plus longtemps que de coutûme, soit 1 heure 15. J'ai beaucoup pleuré. Il en est ressorti de cette séance que je devais prendre un rendez-vous avec mon père pour lui parler, en tête à tête, juste lui et moi. Mais je ne m'en sens pas le courage, ni la force. Affronter mon père, c'est comme affronter Dieu, un être puissant et innaccessible. Mon père est loin d'être un Dieu, mais je le respecte tout autant. Je n'ai jamais eu de discussion sérieuse avec mon lui. Et depuis que je suis adulte, surtout depuis la mort de ma Mère, je n'ai plus de vraiment de contact avec lui. Bien-sûr, cela me manque ! Mais, nous n'avons jamais eu de rapport père/fille comme je le définie. Pour moi, un père doit accompagner sa fille tout au long de sa vie pour qu'elle se sente protéger et heureuse, dans une vie épanouïe. Accompagner, c'est différent de s'imposer. Il faut un juste milieu entre l'abandon pur et simple et la domination au point de décider pour l'autre. Je conçois évidemment très bien qu'il soit difficile de trouver un bon compromis. Je suis moi-même Maman et je sais, oh combien, il n'est pas évident de "jouer" son rôle de parent. Le mot jouer n'est d'ailleurs pas bien employé ici. Etre parent est loin d'être un jeu. C'est un engagement. A vie !
Donc, il va falloir que je me prenne en main pour avoir cette discussion sérieuse avec ce Papa qui me manque tant. J'ai peur de sa réaction, de le déçevoir, lui qui est persuadé que je suis au moins aussi forte qu'un homme ... Je vais y réfléchir sérieusement. J'espère juste que le jour où je lui en parlerai, il ne me dira pas : "Ecoute ! Je n'ai pas le temps pour ce genre de conneries. J'ai des rendez-vous bien plus urgents à régler !".
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