
Hier, je suis allée à ma banque rencontrer le directeur d'agence pour lui expliquer mon projet professionnel et lui demander un prêt pour m'installer. Il faut savoir que cette banque est celle dans laquelle je suis depuis que j'ai 18 ans, soit depuis 14 ans. Je n'ai jamais eu de soucis à titre privé pour gérer mon compte.
Je suis arrivée donc plutôt confiante. Je tenais à rencontrer le directeur en personne car j'avais déjà eu affaire à une jeune conseillère (une blonde) qui n'y connaissait rien, ce que je peux comprendre car il faut bien débuter dans le métier pour acquérir de l'expérience et être au top. Mais ce que je ne tolère pas, c'est qu'elle n'agissait jamais, qu'elle ne fesait pas son travail en s'informant auprès de ses collègues ou supérieurs. Du coup, lorsque je retéléphonais ou passais la voir, elle ne savait déjà plus de quel dossier il s'agissait et n'avait aucun élément ou information supplémentaire à me fournir. Bref, c'était une incompétente qui ne cherchait pas à se perfectionner !
Quand j'ai vu ce directeur, tout d'abord, même si j'étais optimiste par rapport au projet, je suis arrivée plutôt fâchée à cause de "sa" blonde. Ma première impression pour cet homme fut très négative. Pas un mot sur la raison qui fait que je tenais à avoir un rendez-vous avec lui ! Il ne savait même pas que je fesais partie de leur banque. Il ne connaissait rien de moi. De plus, il était constamment derrangé par des coups de fil dont plusieurs de femmes différentes et pour des raisons strictement privées. Lol. Ses journées doivent être trop courtes pour satisfaire toutes ces dames.
Quand enfin, il est revenu dans le bureau après avoir donné les clés de sa voiture en panne à un de ses clients garagistes, il a commencé par me faire subir un véritable interrogatoire mais c'était plus d'ordre privé que professionnel. "Vous êtes mariée ? Combien d'enfants ? Combien gagne votre mari ? Etes-vous propriétaire de votre maison ? Combien vaut-elle aujourd'hui ? Avez-vous des emprunts ? ...". Puis vinrent enfin les questions sur le sujet : "Connaissez-vous ce métier ? Avez-vous déjà travaillé ? Quel sera votre planing horraire ? Comment ferez-vous avec les enfants ? Pourrez-vous payer la Nounou ? Et si vous n'avez pas assez d'argent pour la payer, prendrez-vous un jour de repos pour les garder ? ... ". Enfin, il y eu des questions très pessimistes, et franchement saoûlantes : " Et si vous n'avez pas assez de clients ? Et si vos concurrants vous piquent vos clients ? Et si vos clients ne vous paient pas ? Et si vous n'arrivez pas à rembourser vos crédits ? Et si vous ne pouviez pas vous verser de salaire ? Et si vous deviez fermer ? Et si... et si... et si ... ? "
Après avoir gardé mon calme pendant la première heure d'interrogatoire, j'ai ressenti le besoin de dire ce que je pensais de lui, de ses questions, des banques, etc. Il m'a alors expliqué qu'en fait, il est en effet plus facile d'emprunter une somme bien plus importante pour s'acheter un bien immobilier plutôt que d'emprunter plus modestement pour s'acheter une entreprise où travailler. En effet, en cas de problème, les banques reprennent les maisons, mais si une entreprise coule, c'est qu'elle ne vaut rien et la banque perd tout. Moi, ce que je constate, c'est que, moi, qui ai une vie bien rangée, dans la norme la plus classique (mari, enfants, maison, travail et compte bancaire bien tenu), j'en bâve pour convaincre et trouver un accord avec une banque. Je n'ose même pas imaginer le célibataire sans emploi, RMIste qui voudrait créer son entreprise ! Vraiment pour réussir dans la vie, il faudrait être né avec des lingots d'or dans les poches !
Ca m'a fait du bien de lui lâcher mes pensées et j'en ai profiter pour lui dire ce que je pensais de son incompétente collègue avec qui je ne veux plus jamais avoir affaire. Si le prêt se fait, je ne discuterai qu'avec lui. Je ne veux qu'un seul interlocuteur. Sinon, les informations ne passeraient sûrement pas !
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